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Le rapport Véran, une suite d'approximations grossières

Lire le rapport Veran, c’est comme rentrer dans un labyrinthe; un labyrinthe d’approximations, de spéculations, de données chiffrées partielles, de raccourcis, de raisonnements tronqués. A noter qu’aucun médecin remplaçant n’a été auditionné pour son élaboration.

S’il y a une phrase à prendre en compte c’est la première: « Si le recours à l’emploi médical temporaire a du sens pour faire face à un problème conjoncturel, il est désormais utilisé comme une bouée de secours pour palier à un problème structurel, celui d’un hôpital en pénurie chronique de certains spécialistes. »

En réalité, ce rapport dresse le constat accablant de la politique hospitalière et de la gestion

erratique de la formation et plus particulièrement du numerus clausus par une partie de ceux-là

même qui en ont la responsabilité. 5 ans plus tard et en l’absence de réponse structurelle, la solution qui s’impose est simple : crever la bouée à 500 millions de surcoût. Ce chiffre est devenu un totem à abattre. Le problème est que même en relisant à plusieurs reprises le rapport, il est impossible d’en déterminer le mode de calcul.

La base du calcul est le nombre supposé de médecins remplaçants qui est estimé à 6000 postes à temps plein. Les agences d’interim françaises en recensent quant à elles 2000 uniquement sans préciser si leur activité est à temps plein ou partiel.

« Au total, en tenant compte du nombre de 6000 médecins occupant via des missions temporaires des postes vacants à l’hôpital, du coût journalier d’une mission, des projections faites à partir de l’étude de la FHF, on peut estimer le surcoût pour les hôpitaux à plusieurs centaines de millions d’euros, de l’ordre de 500 millions d’euros. »

Le rapport mentionne que seul 76 millions sont inscrits dans les comptes des hôpitaux au titre des médecins remplaçants. Ce chiffre ne correspondant pas à la conclusion voulue, il est fait remarquer que l’essentiel de l’intérim doit être inscrits sur d’autres lignes de dépenses.

La réalité est que la seule donnée certifiée relative à l’intérim dans ce rapport est son coût en 2012 pour les hôpitaux de la région Midi-Pyrénées soit 14 millions.

Cette région représente 4,5 % de la population française. Rapporté à l’ensemble du pays, on

arriverait à un montant brut total de 311 millions. Même si comme le suggère le rapport cette région serait sous-consommatrice d’intérim, nous sommes donc très loin des chiffres annoncés.



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