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lettre ouverte à Madame la Ministre de la santé

  Madame la Ministre,

 

À la lumière du plan « santé 2022 » présenté le 20/11/2019 et après vos déclarations concernant l’intérim médical nous souhaitons apporter les réflexions suivantes :

 

 

Le développement de l'intérim  médical n'est que la conséquence de trente ans d'incurie gouvernementale, ayant entrainé depuis une énorme dégradation de la qualité des soins.
Gouverner c’est prévoir, or depuis très longtemps nos Grands Anciens n’ont cessé d’alerter les pouvoirs publics quant à la catastrophe se profilant en ce qui concerne la démographie médicale, et à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui.

Renouvellement insuffisant du pool de médecins dû à un Numerus Clausus trop restrictif, augmentation de la charge de travail dans nombre de spécialités, vieillissement de la population, exigences de soins nouveaux….
Tout cela était annoncé, répété, rabâché, mais les politiques comptables ont considéré que moins il y aurait d’offre de soins et de médecins, moins il y aurait de dépenses de santé.
Nombre de médecins ont même été financièrement encouragés à une retraite anticipée.

 

 

La conséquence directe de cette politique désastreuse conjuguée à un statut hospitalier peu attractif, que ce soit dû aux salaires médiocres, aux rémunérations insultantes des gardes et astreintes, à la reconnaissance professionnelle minimaliste, à l’éviction des médecins des postes de décision, à la fermeture des lits, à l’augmentation de la charge de travail et à la mise sous pression des équipes, a abouti au choix de l'intérim par de nombreux praticiens, pratique grâce à laquelle ils peuvent retrouver un certain contrôle de leur vie professionnelle et personnelle.

 

 

Plutôt que d’insulter les médecins intérimaires en les traitant de mercenaires, de plaie ou de cancer de l’hôpital, il vaudrait mieux s’interroger sur les raisons qui les ont poussés à ne pas prendre de poste ou ne pas y rester, sur le malaise des soignants, leurs sentiments de désespoir et d’impuissance face à un hôpital devenu inhumain.      

Contrairement à beaucoup d’autres confrères, les médecins intérimaires hospitaliers sont restés des médecins dans le soin du patient, au chevet des malades.

 

 

Nos rémunérations (inchangées depuis plus de 15 ans) sont pleinement justifiées au vu de la qualité de notre travail, de notre engagement auprès de nos patients, de nos années d’études et de notre prise de risques professionnels.

Contrairement à ce que vous affirmez, les médecins intérimaires sont souvent fidélisés dans les hôpitaux qui les emploient, ils sont bien intégrés aux équipes sur place, suivent leurs protocoles et permettent de les soulager.
Du fait de notre statut d’intérimaires, nous avons une meilleure gestion personnelle de nos emplois du temps et sommes de ce fait moins à risque de burn-out que nos confrères titulaires.

 

 

Nous vous prions d’agréer Madame la Ministre nos sentiments confraternels et respectueux.

                                                                              Le bureau du SNMRH